Odélia est un projet pilote qui accompagne les adultes confrontés à la fois à un trouble psychiatrique et à une consommation de drogues illicites. Porté par le CSM Saint-Bernard et le CHU Tivoli, avec la collaboration du Réseau Mosaïque, il propose un trajet de soins souple, individualisé et adapté à la réalité de chaque personne. Cette équipe mobile et pluridisciplinaire travaille avec les acteurs hospitaliers, ambulatoires et spécialisés en assuétudes afin de renforcer la continuité des soins et de limiter les ruptures de parcours.
Nous avons rencontré Barbara Lacoste, coordinatrice du projet Odélia, pour découvrir ce qui rend ce dispositif unique, ses réussites et ses souhaits pour l’avenir.

En quelques mots, qu’est-ce qui rend votre dispositif unique ?
Sa particularité est de fonctionner en réseau et de construire un trajet de soins qui prend en compte à la fois les problématiques de santé mentale et les consommations de drogues illicites.
Quel chiffre marquant souhaiteriez-vous mettre en avant ?
Depuis le début de l’année 2026, Odélia a accompagné 85 personnes dans son trajet de soins
Quelle réalisation, évolution ou réussite vous rend particulièrement fiers ?
L’équipe développe une expertise de plus en plus pointue dans l’accompagnement des personnes confrontées à un double diagnostic en santé mentale et en assuétudes. Plusieurs membres se sont formés en addictologie générale à l’Université de Paris-Saclay et viennent de terminer leur mémoire. Nous sommes également fiers de parvenir à créer un lien avec des bénéficiaires qui ont souvent connu des ruptures dans leur parcours de soins.
Que souhaiteriez-vous que les partenaires retiennent de votre dispositif ?
En plus de l’accompagnement des bénéficiaires, Odélia propose, depuis cette année, un soutien aux professionnels afin de les outiller dans la prise en charge des personnes confrontées à la fois à une addiction et à une problématique de santé mentale.
Avez-vous une particularité ou une anecdote qui illustre votre manière de travailler ?
Notre travail nous amène à aller directement à la rencontre des personnes, chez elles ou dans leur lieu de vie. Nous réalisons parfois des entretiens dans des contextes très atypiques, notamment sous un pont ou dans des lieux de grande précarité. Cette souplesse nous permet de maintenir le lien et de nous adapter à la réalité de chaque bénéficiaire.
Quel serait votre souhait pour l’avenir ?
Nous souhaitons que le projet puisse devenir pérenne et que le travail en réseau continue à se développer avec l’ensemble des partenaires du Réseau Mosaïque, afin de faciliter la continuité des trajets de soins des bénéficiaires.
Quelle idée aimeriez-vous développer dans le cadre du travail en réseau ?
Lorsque les partenaires se connaissent mieux, il devient plus facile d’orienter les personnes et de partager les informations utiles, notamment sur les conditions d’accès aux services ou les difficultés rencontrées lors des prises en charge. L’idéal serait donc de multiplier les occasions de rencontre et d’échange entre les acteurs du réseau.
Si vous aviez une baguette magique, que changeriez-vous ou mettriez-vous en place ?
Toutes les personnes confrontées à une problématique de santé mentale et à une addiction pourraient accéder facilement à des services compétents dans ces deux domaines, sans devoir surmonter de nombreux obstacles. Nous souhaiterions également qu’il n’y ait plus de saturation au sein du réseau.




